Giacometti, le dernier modèle

Dans l’atelier du quartier Montparnasse, au 70 bis de la rue Notre-Dame-des-Champs, connu pour ses rencontres d’artistes et ses fêtes sans horaires, un convive se fait attendre.

L’homme qui marche, quittant son atelier, se promène dans le Quartier latin, derrière sa cigarette, dans un costume sobre. À l’heure où le café-crème n’est plus qu’un agréable souvenir, nous le retrouvons attablé, s’affairant sur un nouveau croquis, les premiers traits d’un dialogue entre lui-même et un chat croisé en chemin. L’ombre d’une Seconde Guerre mondiale fait trembler le monde entier et changera à jamais le quartier, déplaçant les artistes vers le boulevard Saint-Germain, mais pour l’instant, vers les 3 heures du matin, le temps s’arrête, les silhouettes fines dansent dans la rue ; à travers ses yeux, Alberto Giacometti prend le pouls de l’homme, ses fissures et sa sensibilité.

« Garçon, s’il vous plaît ! Une autre nappe en papier, j’ai toute la nuit pour rêver. »

Les invités du 70 bis attendront ce poète jusqu’au petit matin, il était pourtant partout à la fois.

Alberto Giacometti est un artiste suisse né le 10 octobre 1901 à Borgonuovo, en Suisse. En 1922, il s’installe à Paris, où il développe l’essentiel de son œuvre. Il travaille dans un petit atelier situé au 46, rue Hippolyte-Maindron, à Montparnasse. Cet espace d’environ 23 m² lui sert à la fois de lieu de travail et de vie. Il y reste pendant près de quarante ans.

Giacometti est particulièrement connu pour ses figures humaines très fines et allongées, qui semblent fragiles mais possèdent une présence très forte. Il cherche moins à reproduire fidèlement un modèle qu’à traduire la manière dont il le perçoit. Son frère Diego pose régulièrement pour lui, et Alberto peut recommencer une sculpture pendant des heures, cherchant sans cesse à saisir ce qu’il voit.

Giacometti aime également observer les chats, qui inspirent notamment sa sculpture Le Chat, réalisée en 1951. Il entretient par ailleurs des liens étroits avec plusieurs artistes et écrivains de son époque.

Aujourd’hui, l’Institut Giacometti, à Paris, permet de découvrir son œuvre, son ancien atelier et de nombreuses archives. Alberto Giacometti meurt le 11 janvier 1966 à Coire, en Suisse.

Dans cet esprit, Maison Gabriel Paris imagine aujourd’hui une collection inspirée par l’univers et l’allure de Giacometti. La collection reprend certains éléments qui évoquent la sobriété de sa silhouette et l’atmosphère de ses photographies d’archives : un costume en laine grise Shetland, un pull col V en laine mérinos réalisé en collaboration avec Le Minor, une chemise à fines rayures, ainsi qu’un foulard en soie marron à pois blancs. À travers ces pièces, l’idée est de faire dialoguer l’élégance masculine de cette époque avec une interprétation contemporaine, en restant fidèle à cette simplicité qui caractérisait l’artiste.

Découvrir la collection Giacometti

 

 

Pour aller plus loin :

Alberto Giacometti — Wikipédia

Fondation Giacometti

Franck Maubert — Le Dernier Modèle

Portrait Alberto Giacometti

70 bis : entrée des artistes

Texte : Frédéric Darroux